L’apologie de l’outside – Partie 1

Cet article fait partie d’un diptyque intitulé « L’apologie de l’outside ».

Revenez jeudi pour la deuxième partie. Ou alors vendredi, ça marche aussi.

——————————

Un inside, c’est joli.

On l’a tous senti à un moment ou un autre, on se l’est tous dit en voyant une de nos stars en faire un. Ce beau lancer dans la profondeur qui parait attendre son receveur, ce beau break genou à terre. L’inside, pour une raison un peu obscure, est synonyme de maîtrise technique, et tout le monde veut en avoir un.

Et finalement, le monde n’a pas tort, c’est un geste fondamental dans une panoplie de lancers. Mais je soupçonne pas mal de joueurs de le privilégier au détriment du vilain petit canard de l’ultimate, l’outside. Et pire encore, de le privilégier par esthétisme, alors que l’outside serait parfois plus efficace. Penchons-nous dans cette première partie sur l’outside dans la largeur du terrain, et les endroits où il sera le plus utile.

Nous avons déjà vu dans un précédent article l’importance que doit accorder un handler à la latéralisation de l’attaque, et nous avons avec l’outside l’outil parfait pour mettre sa menace à exécution. Si l’inside est utile pour gagner du terrain sans trop excentrer le disque, l’outside fait exactement l’inverse : il vous permettra d’atteindre une cible plus au large, mais vous gagnerez moins de mètres en direction de la zone.

Image

Comment réduire ce dernier inconvénient ? En utilisant l’outside là où l’inconvénient en question est le moins prononcé, c’est-à-dire aux portes de l’en but adverse. C’est un des rares endroits où le terrain utilisable est plus large que long, et vous vous devez d’adapter votre jeu de passe pour refléter ces nouveaux paramètres.

Autre avantage de l’outside dans cette situation : vous aurez plus de facilité à mettre la passe dans la course de votre receveur. On a malheureusement tous lancé un inside « dans le dos » d’un (ou plusieurs) de ses coéquipiers, et la moindre erreur de ce type peut mener à un changement de possession face à un défenseur affuté. Utiliser l’outside est le meilleur moyen de minimiser ce risque, tout en rendant le travail de réception plus facile dans une zone du terrain où la tension est plus élevée.

Image

Un Malabar Bi-Goût offert par La Meute à la première ou au premier qui renverra ce schéma à la.meute.contact@gmail.com après y avoir inscrit la position idéale du deuxième handler

Quelques précisions sur l’exécution de cet outside :

N’essayez pas de jouer « dans les mains », comme vous le feriez pour un inside. Profitez plutôt de la nature flottante de l’outside pour le lancer bien avant que le receveur ne soit au point de chute. Dès que les intentions du receveur sont claires (au bout d’une poignée de pas francs), vous pouvez enclencher votre sublime pied de pivot et libérer toute la puissance de votre outside. Si vous vous êtes mis d’accord au préalable (habitude de jeu, tactique appelée…), vous pourrez même déclencher la passe avant que le receveur n’aie bougé le petit doigt, rendant le travail défensif encore plus difficile.

L’avantage de cette passe dans l’espace? Le receveur voit la passe arriver, ce qui lui laisse le temps de prendre quelques informations relatives à son entourage. Tout d’abord, la position du défenseur. Le receveur pourra alors orienter de façon minutieuse sa course afin d’empêcher son vis-à-vis de « passer l’épaule ». C’est l’équivalent ultimatesque de la manière dont on empêche un adversaire l’accès au panier lors d’un rebond au basket. Rien d’illégal à cela, tant que c’est fait habilement et que le contact est minime (et idéalement nul). Toutefois, rappelez-vous de vos fondamentaux : dans le doute, il vaut mieux attraper le disque quelques centimètres devant la ligne d’en but et devoir faire une passe de plus, plutôt que de se faire défendre en essayant de marquer le point tout de suite ! Surtout aux abords de la zone d’en but, la possession est plus précieuse que le point !

Autre détail important pour le receveur : l’éloignement et surtout l’altitude du disque. Il en découlera la manière dont il pourra attraper ce dernier : deux mains « croco » au niveau des hanches, griffé au niveau des yeux, griffé inversé au niveau des genoux, ou alors un « powerslide » de rockstar sur un ou deux genoux avec « croco » à la clé… ou même un sublime plongeon pour attraper le plastique à quelques centimètres du sol. Vous le savez sans doute, toutes ces décisions, notamment celle de plonger (ou pas), sont plus faciles à prendre si on a eu un peu de temps (mais pas trop non plus) pour y réfléchir!

Attention par contre, car cela vaut aussi pour le défenseur! Soyez donc vigilants quand à l’élévation du disque. Un plongeon défensif est bien plus facile à exécuter quand le disque est à hauteur de hanche ou de genou, alors donnez un peu de place à votre receveur et proposez-lui un disque en face des yeux! Vos lancers déclenchés à hauteur d’épaule seront parfaitement adaptés à cette situation.

Bravo, vous êtes champion(ne) du monde. Allez donc prendre une bonne douche de champagne, et on se retrouve jeudi pour le deuxième épisode de « L’apologie de l’outside ».

Publicités

5 réflexions au sujet de « L’apologie de l’outside – Partie 1 »

  1. J’aime beaucoup !

    En ce qui concerne l’apprentissage de l’outside, et de pourquoi il est plus pertinent que l’inside dans cette configuration, j’aime bien utiliser la comparaison de la « fenêtre de tir » et « fenêtre de catch ».
    C’est une image qui fonctionne bien et qui permet de faire visualiser à chacun la difficulté d’une passe en inside dans ce genre de position !
    A contrario, en outside, la fenêtre de tir et celle de catch sont beaucoup plus larges.

    Par contre, à quand « l’apologie du lefty » dans le genre de situation que tu décris avec ton schéma devant la zone ? Héhé.

  2. Le deuxième handler se met côté fermé, en retrait de 8m. Comme ça, si son joueur poach côté ouvert, il est dispo côté fermé pour l’intermédiaire, si son joueur poach côté fermé, il est dispo pour une petite fuyante côté ouvert. Et si je joueur est en stricte, il a 2 options pour solliciter le reset sur un cut-contrecut.

    • Pff, mais non ! Si t’es dans l’ouvert, passe derrière ! Donc le handler côté ouvert 😀 Le défenseur va poacher dans l’ouvert pour éviter le point facile, il passe derrière ce qui lui libère le break pour faire la même strat, mais sans l’outside compliqué héhé !

      Malsain non ?

  3. A la vue du schéma cela reste un breack pour un droitier…. Mais d’outside, ok!!!
    Donc dur techniquement aussi surtout si il y a du vent!
    Si pas parfaitement dosé et défenseur réactif ….ça devient chaud

    J’adore ce coup mais j’ai remarqué qu’il était beaucoup plus facile de marquer quand la zone d’en but est libre:-) sur le schéma il y a au moins 12 personnes sur un tout petit espace

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s